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Projet de Loi No. 1 : Quelle image avons-nous de nous-mêmes ?

13 novembre 2012 | Vol. 7 No. 21

Au cours des dernières semaines, la Commission Charbonneau, par le témoignage de certains acteurs, a mis en lumière ce dont tous et chacun d’entre nous se doutaient fort bien. En matière de contrats octroyés par des organismes publics, les joueurs, depuis des décennies, qu’ils soient d’un côté ou l’autre de la table, tirent parti d’un système qu’ils ont structuré et érigé et par lequel, ils détournent des fonds publics, c’est-à-dire notre argent à vous et à moi.

 

Le gouvernement actuel, qui veut bien marquer son arrivée sur la scène après quelques années au purgatoire de l’opposition, présente son projet de Loi numéro 1 sur l’intégrité en matière de contrats publics, moins de soixante jours après son arrivée au pouvoir.

Nous savons tous que la promulgation d’une loi découle généralement d’abus qu’il faut désormais contrôler. Pensons à la Loi sur la protection du consommateur, à celle sur les normes du travail ou, plus récemment, à la Loi 35 visant à prévenir, combattre et sanctionner certaines pratiques frauduleuses dans l’industrie de la construction, pour ne nommer que celles-là.

En ce qui concerne le projet de Loi numéro 1, nous verrons si les partis de l’opposition s’uniront afin que les élus, d’une seule voix, montrent à la population qu’ils entendent désormais user de la même probité à laquelle nous avait habitués, il y a quelques décennies, René Lévesque.

Lorsque les discussions entourant certains éléments de plomberie auront eu lieu, il m’apparaît clair que la classe politique devra se rassembler autour de ce projet de loi. Après tout, on ne peut pas être contre la vertu!

Et plus près de nous… dans notre industrie ?

Que se profile-t-il à l’horizon ? Vous avez sans doute été, comme moi, frappés par cette récente publicité de la dame qui offre de payer son garagiste et ce dernier qui lui propose : sans facture? La réponse de cette dernière fait réagir ! Après que la dame lui ait rappelé que la gratuité des soins de santé au Québec était assurée par le prélèvement des impôts, le garagiste a rapidement compris et a remis une facture à cette dernière. Au même effet, vous aurez également remarqué une autre publicité qui met en scène cette fois un entrepreneur qui se fait offrir par son client de payer sans facture.

Dans chacune de ces publicités, une voix hors champ nous rappelle que ce système d’évasion prive le gouvernement de plus de 3 milliards et demi de dollars de revenus annuellement !

N’y a-t-il pas là matière à réflexion ? N’y a-t-il pas là une occasion à saisir d’auto- réglementer notre industrie avant que l’on se charge de la réglementer encore plus qu’elle ne l’est déjà ? Ne sommes-nous pas tous et chacun responsables du renforcement de l’application de certaines législations ?

Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces Grecs qui souffrent durement de la mise en œuvre actuelle de politiques aiguës visant le contrôle de l’évasion fiscale. Malheureusement, nombre d’entre eux ont profité durant des décennies du laxisme systémique des gouvernements qui se sont succédés et qui fermaient les yeux sur tous ces dessous de table.

Nous méritons mieux, nous avons encore le choix de nous prendre en mains et individuellement de réagir, de proagir.




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École publique ou école privée ?


Par Jean-Luc Pétrin



Pensée de la semaine :

Si l'on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l'on veut devenir riche, il faut trouver autre chose.

[Alphonse Karr]