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Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin elle se casse ! (Conséquences des risques que prennent certains entrepreneurs en construction)

30 août 2012 | Vol. 7 No. 10
par: L'équipe

Comme chacun le sait, cette vieille maxime française nous rappelle qu’à force de courir un risque, on finit par y succomber. De temps à autre, certains entrepreneurs de construction en font un apprentissage douloureux à leurs dépens.

Le sol est-il porteur ?

Comme premier exemple, mentionnons le cas d’un entrepreneur général de construction de la région de Lanaudière qui construisait des immeubles résidentiels sur les terrains de ses clients sans jamais vérifier la capacité portante du sol avec un professionnel du domaine. L’entrepreneur se disait capable d’évaluer un sol à la suite d’un simple examen visuel.

Il y a une décennie, l’entrepreneur a construit des maisons pour des clients sur trois terrains contigus, lesquels avaient tous fait l’objet d’un remplissage par le passé, ce que l’entrepreneur ignorait. Le sol n’étant pas suffisamment porteur, il s’est avéré que les trois maisons se sont affaissées à tour de rôle. En raison des réparations extrêmement coûteuses occasionnées par la situation, on peut dire que le patrimoine de l’entrepreneur s’est affaissé à son tour.

Il faut de l’eau potable !

Comme second exemple, voyons le cas de cet autre entrepreneur général opérant dans la région des Hautes Laurentides et construisant des immeubles résidentiels sur des terrains non pourvus d’un service municipal d’aqueduc pour l’alimentation en eau potable. Cet entrepreneur avait l’habitude de faire forer un puits artésien après l’achèvement de ses travaux de construction, alors que la prudence lui aurait indiqué de faire plutôt le contraire.

Il y a plusieurs années, l’entrepreneur a construit une résidence de haut de gamme sur un site offrant une vue imprenable sur les montagnes des Laurentides. Toutefois, au moment d’obtenir de l’eau potable pour la résidence, il fut impossible, même après six forages de grande profondeur sur le terrain, de trouver la moindre veine d’eau dans le roc souterrain. Dépourvue de tout accès à l’eau potable, la résidence perdait une grosse partie de sa valeur. Aussi, le client de l’entrepreneur refusa-t-il de donner suite à sa promesse d’achat et s’adressa à la Cour pour réclamer à l’entrepreneur le remboursement des acomptes versés.

Doubler son chiffre d’affaires !

Tel autre entrepreneur général construisait une trentaine de maisons par année et possédait une excellente réputation auprès de sa clientèle. Fier de sa réussite, il décida un jour qu’il était temps de doubler son chiffre d’affaires et de passer à 60 maisons par année. L’entrepreneur concerné ne s’imaginait pas qu’en doublant d’un seul coup son chiffre d’affaires, il triplait, voire quadruplait les problèmes d’administration et de gestion des chantiers, sans compter une hausse des réclamations à venir de la part de ses clients.

Ce faisant, l’entrepreneur entrait dans une zone immensurable, mais bien réelle, qui consiste à prendre des engagements et des responsabilités dépassant nettement sa capacité de faire face à la musique. Évidemment, l’entrepreneur dut subir les conséquences de sa témérité et son entreprise se retrouva en faillite. Les Canadiens anglais qualifient cette situation de 'never never land', savoir une nouvelle situation dans laquelle il ne faut pas s’aventurer soudainement, mais de façon progressive.



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